Centre d’innovation pour la gestion régénérative des terres et les systèmes alimentaires

Une recherche ancrée dans le paysage vivant

Le sol, l’eau, la biodiversité et la production alimentaire forment un système lié. Ce centre développe une recherche appliquée autour du paysage cultivé du domaine et des décisions concrètes qu’exige son entretien.

Les terres cultivées sont exploitées par la SCEA Abbaye Saint Pierre de Lacour, qui détient les certifications agricoles et la responsabilité d’exploitation. L’accès pour la recherche s’organise avec l’organisation responsable de chaque espace, activité et bien.

Axes de recherche

Quatre axes, et ce que chacun entreprend

Quatre champs d’enquête, chacun avec les objectifs qu’il poursuit et les mesures que la terre peut fournir.

Une planche de l’Encyclopédie sur le labourage : un champ en cours de travail et, au-dessous, la charrue décomposée en pièces, chacune repérée par une lettre.
Agriculture, Labourage, dans l’Encyclopédie, 1762. Le labour démonté : la charrue en pièces lettrées, le sillon en coupe, la terre partagée entre travaillé et non travaillé. Numérisation par la Bibliothèque de l’Institut de France, CC BY 3.0.

Sols et gestion des terres

Des relevés comparables de l’état des sols et des pratiques de conduite, et des interventions étudiées par échantillonnages répétés, zones de comparaison appropriées et historiques de conduite documentés.

Le domaine conserve des archives sur l’usage ancien de ces terres. Une preuve d’archive peut éclairer une question historique ; elle ne remplace pas une mesure qui n’a jamais été prise, et un ancien plan de domaine n’est pas un relevé pédologique.

La première tâche consiste à établir un état initial documenté des sols. Les chercheurs évalueront si les échantillons conservés et les documents anciens permettent une comparaison, en tenant compte des lieux de prélèvement, du stockage et des méthodes. La conduite biologique et les autres modes de gestion pourront être comparés au moyen d’un protocole adapté.

L’exploitation pourrait apporter un site de terrain documenté à des recherches plus larges sur les sols et l’agroforesterie. Toute comparaison avec d’autres sites exigera des mesures et des historiques de gestion compatibles.

Une planche botanique du XVIIIe siècle disséquant des fleurs pour montrer leur structure interne et le chemin qu’un insecte y suit.
Planche 5 de Christian Konrad Sprengel, Das entdeckte Geheimniss der Natur im Bau und in der Befruchtung der Blumen, Berlin, 1793 — l’ouvrage fondateur de l’écologie de la pollinisation. Des fleurs ouvertes pour montrer le trajet de l’insecte : la production dépendant d’une fonction écosystémique.

Biodiversité et diversité cultivée

La diversité du verger, les habitats, la pollinisation et la relation entre production et fonction écosystémique. La collection doit être identifiée et datée avant que tout décompte de variétés ou d’espèces ne serve à une affirmation, et les données de ruches conduites sont une source d’observation parmi d’autres — les relevés d’abeilles domestiques ne décrivent pas à eux seuls la biodiversité des pollinisateurs.

La collection fruitière permet de poser une question concrète dans un domaine de recherche établi : comment documenter, évaluer et maintenir les variétés conservées dans une exploitation en activité ? Un inventaire daté doit préciser leur identité, l’historique des plantations et la surface du verger. Les quelque douze hectares désignent l’exploitation cultivée, et non le seul verger.

Les travaux possibles comprennent l’identification et le suivi de l’état des variétés, l’évaluation de leur comportement dans les conditions locales et la documentation des savoirs et choix de gestion des producteurs. Les liens avec des collections de conservation et des réseaux de recherche seraient établis par accord.

Le suivi des ruches pourrait contribuer à des études sur la santé des colonies, les ressources alimentaires et les conditions saisonnières avec des partenaires spécialisés. Ces données ne décrivent pas à elles seules la diversité des pollinisateurs sauvages. L’intégration à un réseau de suivi exigerait un accord distinct et des protocoles compatibles.

Une gravure sur bois du XVIe siècle d’une roue à eau avec son canal et son engrenage, dessinée avec assez de précision pour être construite.
Roue à eau, dans Georgius Agricola, De re metallica, Bâle, 1556. Parmi les premiers dessins systématiques de l’eau élevée, conduite et gérée comme une ressource : machine, canal et chute tous dessinés pour être exécutés.

Résilience hydrique

Pluie, ruissellement, infiltration, rétention, qualité de l’eau, et les décisions de conduite qui agissent sur eux.

Les études à l’échelle de la parcelle et du profil de sol pourraient mesurer l’infiltration, la structure du sol, l’humidité à différentes profondeurs et l’utilisation de l’eau par les cultures. L’échelle et les limites doivent correspondre à la question. Un bilan hydrique complet exige des mesures adaptées des entrées, des sorties et des variations de stockage.

Trois caractéristiques rendent cette exploitation digne d’être instrumentée, et pas seulement disponible :

  • Historique de gestion. Les documents disponibles de l’exploitation et de certification peuvent aider à décrire les pratiques et leur évolution. Leur exhaustivité et leur pertinence doivent être évaluées ; la certification n’établit pas un état de référence scientifique exempt de contamination.
  • Systèmes pérennes. Les arbres et les autres végétaux pérennes permettent d’étudier l’enracinement, la structure du sol et l’utilisation saisonnière de l’eau. Les dates de plantation et l’historique de gestion doivent être établis avant toute affirmation sur la maturité ou les effets de long terme.
  • Continuité par accord. L’accès au terrain et toute installation durable sont convenus avec l’opérateur responsable. Les accords précisent la propriété des instruments, leur maintenance, l’accès aux données, la durée et les dispositions à la fin de l’étude.

Le pluviomètre et la source offrent des points d’observation possibles. Un hydrologue doit établir le bassin d’alimentation et les connexions de la source avant d’interpréter son débit ou sa qualité comme une réponse à la gestion de ces parcelles. La pluie et le débit de la source ne suffisent pas à établir un bilan hydrique complet à cette échelle.

Le contexte n’est pas accessoire. Dans la plaine de la Garonne, en Tarn-et-Garonne, la restriction d’eau en été fait partie de l’année agricole ordinaire : les questions de rétention et de consommation d’eau des cultures n’y sont donc pas hypothétiques.

Lorsque la question concerne un bassin versant ou fluvial, l’exploitation pourrait apporter des observations à une étude plus large. Les partenaires de recherche définiraient le suivi et la collaboration avec les autres gestionnaires de terres.

Une gravure sur bois de 1541 représentant une boulangerie : grain, huche, four et pains, posés comme le travail du mois de décembre.
Décembre — la boulangerie, dans Le Grant Kalendrier et Compost des Bergiers, Troyes, 1541. La panification placée dans l’année : production, transformation et le savoir-faire qui fait d’un grain un aliment partagé.

Systèmes alimentaires et valeur rurale

Les liens entre production, transformation, repas partagés, patrimoine alimentaire, usage des ressources, déchets, savoir-faire et valeur économique locale. Le critère qui nous importe est de savoir si une pratique est faisable pour ceux qui devraient la mettre en œuvre, ce qui suppose de comparer les options avec eux plutôt que pour eux.

Le patrimoine alimentaire comme savoir culturel est étudié avec le Centre d’innovation pour les secteurs et industries culturels et créatifs, où il est désormais traité comme une question de recherche à part entière.

Les objectifs de cet axe sont d’éprouver si la diversification des cultures et le raccourcissement des filières améliorent réellement la rentabilité et la résilience d’un agriculteur, en comparant la conduite biologique à d’autres systèmes plutôt qu’en supposant son avantage ; de rendre mesurable la contribution du secteur biologique à la durabilité, y compris à partir des relevés de certification qu’une exploitation certifiée produit déjà ; d’étudier comment une communauté rurale absorbe un choc, avec ceux qui l’absorbent ; et d’établir quel rôle une petite ferme et une petite entreprise alimentaire jouent dans la sécurité alimentaire — une question qui dispose d’une littérature scientifique substantielle, dans laquelle les exploitations de cette taille sont le sujet et non l’exception.

Une première collaboration recenserait avec la SCEA les documents disponibles sur les intrants, les rendements, la transformation et la gestion. Ces données peuvent aider à définir les comparaisons et les questions pratiques sur la résilience de l’exploitation ; les lacunes de l’état initial seraient documentées.

Les questions auxquelles nous voulons répondre

  1. Comment des changements de gestion des terres agissent-ils sur l’état mesuré du sol et sur le fonctionnement de la ferme ?
  2. Un état initial du sol peut-il être reconstitué à rebours à partir d’échantillons conservés, de manière assez fiable pour servir de référence ?
  3. Quelles combinaisons de diversité cultivée et de gestion des habitats soutiennent des fonctions écologiques utiles ?
  4. Que faut-il pour qu’un arbre conservé là où il pousse compte autant qu’un arbre conservé en collection ?
  5. À quelles conditions la rétention et l’infiltration peuvent-elles améliorer la résilience hydrique sans transférer le dommage en aval ?
  6. Que produit réellement la diversification sur la rentabilité d’une petite ferme, et quel rôle une exploitation de cette taille peut-elle jouer dans la sécurité alimentaire ?
  7. Comment la production alimentaire et le savoir culturel peuvent-ils soutenir des activités rurales viables avec une moindre charge sur les ressources ?
Un pin parasol isolé dans le parc, une allée tondue passant à son pied.
Le parc. Paysage et lieu à Mas-Grenier, dans la plaine de la Garonne, en Tarn-et-Garonne.

Recherche de terrain, démonstration et formation

L’exploitation pourrait accueillir des études de terrain, des démonstrations et des formations développées avec des partenaires de recherche et du secteur agricole. L’hébergement et les espaces de travail permettent de réunir observation, travaux pratiques et échanges au cours d’un même séjour.

Toute participation à un réseau de laboratoires vivants ou à un dispositif reconnu de démonstration serait présentée avec le rôle convenu et le statut confirmé. Aucune appartenance ni reconnaissance de ce type n’est revendiquée ici.

Les moyens de terrain, et qui les exploite

Ce qu’un projet peut réellement utiliser
MoyenExploitantUsage de recherche
Environ douze hectares, en bio et HVE niveau 3SCEAParcelles d’essai possibles et documents de gestion, selon un protocole convenu
Collection fruitière mixte de variétés anciennesSCEAIdentification, documentation et études de conservation à la ferme
Relevés d’échantillonnage de sol et échantillons conservésSCEAÉvaluation de l’aptitude à une comparaison historique avant utilisation comme état initial
Ruches suiviesSCEAObservations des colonies et des saisons ; participation à un réseau par accord distinct
Pluviomètre et sourceSCEAObservations de la pluie, du débit et de la qualité de l’eau selon un protocole défini
Atelier de transformation et chambre froideSCEAManipulation à la ferme ; conservation d’échantillons scientifiques par convention séparée
Capacité d’hébergement et cuisineSASÉcoles de terrain, formations et réunions de projet tenues sur place

À Mas-Grenier, en Tarn-et-Garonne, l’accès aux ressources agricoles se convient avec la SCEA. Chaque étude précise les parcelles, les documents disponibles, les mesures, les autorisations et les responsabilités nécessaires.

Méthodes et résultats utiles

Les méthodes envisagées comprennent des protocoles de terrain, des échantillonnages répétés, des carnets de conduite documentés, l’observation de la biodiversité, un travail de bilan hydrique avec des spécialistes de l’hydrologie, l’analyse de cycle de vie et l’évaluation conduite par les agriculteurs.

Les résultats utiles comprennent des relevés de terrain reproductibles, des recommandations de conduite applicables, des approches de suivi transférables, et des preuves honnêtes sur les coûts et l’adoption.

Projets rattachés à ce centre

Initiative associée · SCEA

Rétention d’eau et résilience rurale

AQUI-RETAIN

Comment les paysages ruraux peuvent retenir l’eau et soutenir la recharge des nappes dans des conditions environnementales et d’exploitation appropriées, en combinant suivi de terrain, garanties de qualité de l’eau et coûts réels du maintien en service. Le cadre de l’Abbaye est proposé comme démonstrateur de transfert par l’intermédiaire de la SCEA, au sein d’une zone d’étude définie à l’échelle du bassin.

Une intervention projetée, non une infrastructure de recharge existante.

Concept en développement

Participation des habitants à la gestion de l’eau

ATLANTIS

Un concept à un stade initial. La question de recherche, les activités locales et le rôle de l’Abbaye sont en cours de définition.

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Nous accueillons les propositions de spécialistes des sols, agronomes, écologues, hydrologues, chercheurs en systèmes alimentaires et organismes de conseil agricole. Proposez une question pouvant bénéficier d’une exploitation en activité, notamment pour documenter et conserver les variétés fruitières cultivées.

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